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NieR

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NieR, c'est la dernière incursion en date de Square-Enix (géniteur de Final Fantasy entre-autre) dans le domaine de l'Action-RPG. Les premières annonces donnaient l'impression d'un jeu bâclé, sorte de Beat Them All sans saveurs et graphiquement moche. Si c'est exactement ce que je pensais au début, un coup d'oeil sur la jaquette m'a décidé à acheter ce jeu : la mention "Cavia".

Milieu du XXIème siècle, Nier et sa fille Yonah sont parmi les rares survivants de l'espèce humaine. Le monde est sur le déclin, et l'apparition des "Ombres", entités violentes, fini d'enterrer l'humanité déjà décimée par une maladie mortelle. Alors qu'il défend sa fille adorée contre une armée d'ombres, Nier, submergé, passe un pacte avec un grimoire pour décupler sa puissance...

1300 ans plus tard, les humains vivent dans une nouvelle ère moyenne-âgeuse, sur les restes de l'humanité d'antan. Si les ombres sont bien plus nombreuses et plus dangereuses qu'avant, Nier protège le "Village" où repose sa fille, malade et faible. La rencontre avec le Grimoire Weiss donne un espoir au père accablé : ensemble, ils seraient en mesure de vaincre la terrible nécrose runique et sauver Yonah...

"Les apparences sont souvent trompeuses..."

Cette mention au dos de la jaquette annonce la couleur de deux façons : le scénario de NieR va se plaire à vous déstabiliser. Ensuite, c'est un message à l'acheteur qui hésite. NieR est graphiquement une décennie en retard, mais sa beauté est ailleurs. Quand on y pense, le même slogan aurait pu se raccrocher à Final Fantasy XIII, d'ailleurs...

Pour en revenir à Cavia, pour ceux qui ne connaissent pas, un petit tour sur Wikipedia pourra vous renseigner de façon plus complète. Mais pour faire bref, Cavia n'a jamais été réputé pour les qualités graphiques de ses jeux, mais plutôt sur le contenu. Si je parle de "Drag-on-Dragoon", plus connu chez nous sous "Drakengard" ? Pour ceux qui connaissent, Drakengard est une production "Beat Them All" à l'histoire assez torturée et aux héros pour le moins dérangés. Loin des standards du J-RPG traditionnel. NieR, c'est un peu la même chose.

On est mis dans le bain dés les premières secondes. A l'apparition du logo Square-Enix, une voix féminine éructe une longue tirade que je vous retranscris ici :

- Weiss, espèce de connard ! Ressaisis-toi, bouquin pourri, ou tu vas le regretter.

- Je vais t’arracher les pages, une par une. Ou alors te jeter dans un putain de fourneau !

- Comment un être aussi intelligent peut être hyptnotisé comme une vulgaire petite garce ?

- Hein ?! Réponds !

- Oh, Maître des Ombres ! Comme je t’adore, Maître des Ombres ! Oh Maître des Ombres !

- Viens donner un gros bisou mouillé à Weiss 

- Maintenant, sors ta foutue tête de ton cul et donne-nous un PUTAIN DE COUP DE MAIN !

Bienvenue dans NieR

Une ambiance unique

Si, à la lecture de l'introduction ci-dessus, vous cataloguez le jeu comme "violent et vulgaire", vous ferez votre première erreur. L'introduction déstabilise, car nous ne sommes pas habitué à cela d'une production japonaise, en générale gentillette et propre. Nier est un père responsable et un peu bourru, Weiss un grimoire fier et arrogant, ce qui ne manque pas de créer des remous avec Kaïné, guerrière grossière et instable. Le dernier protagoniste de l'équipe se rapproche d'avantage des clichés japonais, mais son évolution est bonne et touchante (je n'en parle pas trop, ça gâcherait le plaisir).

Il existe deux versions de ce titre : NieR RepliCant et NieR Gestalt. La première propose un héros plus jeune qui doit sauver sa soeur, tandis que la seconde parle d'un père devant sauver sa fille. vous l'aurez compris, pas de grand boulversement, seulement Square-Enix qui a compris qu'en Occident, on en avait un peu assez des héros de 15 ans sauvant l'univers. Dans la version européenne, NieR a une quarantaine d'année et une tête d'épouvantail, ça change et ce n'est pas plus mal.

NieR possède vraissemblablement une ambiance qui le rend unique, proche des oeuvres d'Ueda (Ico, Shadow of the Colossus). Malgré ses graphismes faiblards, le jeu multiplie les jeux de lumière, suivant les moments de la journées. Il n'y a pas de cycle jour/nuit, mais des variations de climat aléatoires, ce qui influent sur le nombre d'ombres dans les zones. Il y a assez peu d'environnements différents : Le Temple Oublié, le Village, la ville de Façade, celle de Littoral, le Manoir, la ville de l'Aire, la Forêt des Légendes, la montagne des Robots et les zones intermédiaires. Les allers-retours sont nombreux, mais rapides. Assez vite, nous avons accès à un sanglier que nous pouvons monter pour traverser les plaines à toute vitesse sans craindre les ombres. La maniabilité est un peu lourde, mais en ligne droite, c'est très efficace. Dans l'ensemble, chaque lieu a sa propre ambiance, unique et magique, presque poétique.

La musique joue un rôle important dans cette ambiance. La plupart des thèmes sont chantés dans une langue inconnue, et collent on ne peut mieux au titre. Il est rare de n'avoir QUE des bons morceaux dans un jeu. Tantôt épiques, tantôt mélancoliques, jamais ennuyeux, on les a longtemps en tête sans que ça ne lasse.

Les doublages sont en anglais, mais de bonne facture. On aurait pu espérer que la langue complète soit à l'image des chansons : dans un langage inventé, mais bon... Weiss est merveilleusement doublé, toute comme Kaïné.

De références en hommages

Ce qui aide NieR à ne jamais être ennuyeux - outre son déroulement - c'est le nombre d'hommages aux autres productions.

Le manoir, en noir et blanc, infesté d'araignées géantes, où il faut ouvrir les portes avec la clé lunaire ou solaire, comportant un laboratoire secret en sous-sol... rapelle inévitablement le premier Biohazard de Capcom.

Les aventures purement textuelles de la Forêt des Légendes, nous donnant le choix des directions ou des réponses à donner pour progresser renvoient aussi aux ancien jeux d'aventure.

D'ailleurs, dans cette même forêt, en écoutant la mémoire de l'arbre, vous pourrez faire le lien - très subtil - entre NieR et une des fin de Drakengard. Joli.

Les Boss énormes qui font pleuvoir les boules comme les pires Shoot-Them Up d'antan...

Et j'en passe.

Un jeu, quatre fins

NieR est divisé en 2 parties distinctes et dispose de 4 fins en tout.

La première partie consiste à retrouver les "vers scellés", souvent détenus par des Ombres importantes, qui libèrent les pouvoirs de Weiss. En terme de Gameplay, NieR a une jauge de magie qui se recharge toute seule lentement (ou très vite si on absorbe le sang ennemi), et vous pouvez assignez les 4 gâchettes à un sort parmi une bonne variété. Cela va du poing géant qui fracasse les ennemis (efficace), l'absorbtion des boules ennemis pour les leur renvoyer, d'une "Ombre" décimant tous les ennemis autour de vous, à un javelot de ténèbres. Plus vous hargez l'attaque, plus celle-ci puise dans la réserve de magie, et plus les dégâts sont importants.

NieR possède aussi tout une panoplie d'armes. Si dans la première moitié vous ne disposez que des armes à une main, une fois la seconde moitié du jeu, vous mettez la main du les armes d'hast et les épées à deux main. Chacun d'entre-elle ayant 4 niveaux d'évolution (via le forgeron), vous avez de quoi varier votre style de jeu.

La seconde partie du jeu, justement, vous oblige à retrouver les fragments d'une clé pour accéder au château du Maître des Ombres, et mettre ainsi un terme à l'aventure. Une fois ce dernier vaincu, vous accédez à la première fin (qui répond aux questions scénaristiques générales et vous donne le fin mot de l'histoire). en rechargeant votre partie, vous reprennez directement au début de la seconde partie du jeu, avec vos armes, objets et niveaux acquis. Autant dire que le jeu sera dés lors une ballade de santé... Vous obtiendez directement la seconde fin. La troisième, vous l'aurez la troisième fois à condition d'avoir découvert toutes les armes et choisi la première réponse lors de la séquence finale.

Il est important de choisir la 3ème fin avant la 4ème, car cette dernière supprime toutes les sauvegardes du jeu après l'avoir vue.

Il serait lourd et ennuyeux de refaire 4 fois la même partie du jeu, même si la puissance acquise permet de l'atteindre en 2 petites heures. Cavia a donc pensé à vous pour réveiller votre intérêt durant les nouvelles parties.

Maintenant que vous avez terminé une première fois le jeu, des séquences inédites s'ajoutent au scénario. Celles-ci vous renseignent sur le passé de certains personnages, ou vous dévoilent les intentions de vos ennemis avant certains passages clé. Le slogan "Les apparences sont souvent trompeuses" prend alors tout son sens, et refaire le jeu permet alors une relecture bien plus nuancée, riche en révélation.

Au final, on parcours NieR avec beaucoup de plaisir. Son ambiance onirique, violente, accompagnée d'une bande son enchanteresse, ses personnages décalés et intriguants et son histoire en tout point tragique livrent une expérience comme on aimerait en voir bien plus souvent dans les productions actuelle. Loin, très loin des clichés du genre, le titre de Cavia est une véritable bouffée d'air frais, qui glisse entre les genres sans réellement y adhérer. Encore une fois, ce ne sont pas les graphismes qui font un jeu. Bien des titres possèdent une modélisation magnifiques, mais tels des homoncules, ils sont dépourvus d'âme. Dans le cas de NieR, il ne faut en aucun cas se fier aux apparences.

 


 

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