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[REC] - [REC]²
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Strips humoristiques, critiques en tout genre et quotidien incroyablement ordinaire.

[REC] - [REC]²

Il existe peu de films à-même de faire peur. On a eu les films d'ambiance, bien plus efficaces, avant que le cinéma d'effets spéciaux ne prenne le dessus et dévoile son savoir-faire en montrant toute sorte de chose.

Seulement voilà : à force d'en voir, ça n'effraye plus grand monde. Ca dégoûte souvent, mais il est rare quon aie la "trouille" devant un film. Il y a bien eu des essais comme le fameux "Projet Blair Witch" (qui ne m'a jamais effrayé, mais disons que c'était original), et une miryade de films qui s'en sont inspirés. Dans le registre "images témoins", nous avons eu droit à l'étrange "Paranormal Activity", qui, faute d'être très effrayant, réserve de bons moments d'angoisse. Du côté espagnol, nous avons le dyptique [REC], sorte de FPS mâtiné de Resident Evil, mais pour une fois réussi.

La journaliste Angela Vidal réalise un reportage de fin de soirée, dans une caserne de pompiers. La soirée s'écoule tranquillement quand l'alerte retentit. Appelés dans un immeuble du centre-ville pour calmer une vieille dame un peu trop bruyante, les pompiers, Angela et son caméraman vont vite se retrouver coincés sur les lieux, mis en quarantaine, tandis qu'un mystérieux virus de la rage semble transformer ses victimes en machines à tuer.

Un scénario simple, un départ simple, 5 minutes chrono et nous voilà dans le coeur de l'action par l'entremise du caméraman d'Angela, qui essaye tant bien que mal de réaliser son reportage. Une image "télé-réalité" avec un seul point de vue, dans un immeuble étriqué, sombre et somme toute très banal. Au-delà de la paranoïa qui s'installe parmis les gens "sains", et les choix qu'ils doivent prendre au sujet des "infectés" (qui sont souvent de leur famille), l'action se veut trépidante, et les sursauts sont nombreux. A la différence d'un film "normal", nous n'avons ici qu'un seul point de vue, beaucoup de choses se déroulent hors-champs, ou passent très vite, dans la panique, les courses dans l'escalier, ... On retrouve donc pas mal de cette ambiance "on ne voit rien, mais on imagine, c'est pire", additionnée à la violence des infectés, qui sont des genres de zombies façon "Aube des morts" (ils ne traînent pas les pieds lamentablement, ils vous foncent dessus toutes dents dehors).

Tout comme les "héros", et notre Angela, nous ne savons pas ce qu'il se passe, mais les autorités ont mystérieusement bouclés l'immeuble et abattent tout ceux qui s'approchent trop près des fenêtres. Nous allons donc de surprises en timides révélations, à mesure qu'ils montent les marches menant au dernier étage, épicentre du drame. De part les séquences de dialogues entre survivants, on fini par s'attacher à certains, et - choses peu courante - on fini par les regretter.

La grande force du film est de ménager ses révélations, et de nous livrer le strict minimum pour que notre imagination fasse le reste. Car si des pistes nous sont vaguement données, à la fin du premier métrage, nous n'en savons pas beaucoup plus. Après tout, n'est ce pas ça le plus effrayant ?

Chose qui change brutalement dans le second opus, où tout nous est donné, après la fin ouverte du premier. Démarrant quelque seconde après la fin du précédent, de survivants, on passe à une escouade de forces spéciales et d'un expert en hygiène pour partir découvrir de quoi il retourne. Cette fois, il n'y a plus une seule caméra, mais une fixée sur chaque casque des membres de l'escouade. L'action oublie donc un peu l'ambiance et montre beaucoup plus qu'avant (suite oblige), n'hésitant pas à passer d'une caméra à l'autre, voire d'en incruster en bas de l'écran pour plus de détails.

Et ce qu'il en est réellement, on l'apprend d'ailleurs un peu vite. Sans se donner la peine de donner la moindre entrée en matière, [REC]² part du principe que vous venez de voir le premier, donc ne perd pas de temps. L'action intervient rapidement, et les réalisateurs sont montés d'un cran. De là l'aspect d'avantage survolté au détriment de l'ambiance, malheureusement.

Il était bancal de faire une suite à [REC] qui se suffisait à lui-même, mais apès le succès du premier, il était commercialement impossible de ne pas voir débarquer une suite. Elle s'en sort plutôt bien, je dois dire. Malgré son trop plein d'explications qui nous font un peu regretter celle qu'on aurait pu imaginer, et l'absence de cette ambiance mortelle du premier. Les héros sont lourdement armés, mais aussi moins bien introduits, ce qui rend leur mort parfois insignifiante. Les dix dernières minutes rattrapent toutefois un peu ce constat, offrant un final encore une fois ouvert ([REC]³ ?) mais cohérent avec le reste, et quelques bonnes idées liées au mode "Vision de nuit" des caméras.

Malgré "ce que ça aurait pu être" (cette idée très floue qu'on avait de l'explication du premier, mais qui est toujours meilleure que celle fournie dans le film), on ressort satisfait de ces [REC], que l'on peut visionner sans peine l'un à la suite de l'autre, si on a le coeur suffisament accroché pour 3 heures de caméra-épaule. Véritable ôde au voyeurisme et à la curiosité malsaine (Filmer quoi qu'il en coûte, pour diffuser ensuite) qui se répand comme un virus, [REC] ne laisse pas indifférent, du moins le premier.

Il existe - il fallait s'y attendre - un remake américain de [REC], renommé [Quarantine] (comme quoi, les américains ont encore une fois bien saisi le sens du titre original), mais celui-ci est réellement inintéressant. Copié-collé intégral de l'original, [Quarantine] n'y apporte que des gros budgets et des acteurs différents, mais le film ne possède plus l'âme qui le rendait si intéressant en version originale. A éviter.

 

Commentaires 

 
#1 RE: [REC] - [REC]²echizen77 30-06-2010 13:07
Moi je suis pas trop film d'horreur (on va dire que je fait des cauchemards dès que j'en voie un xD)

Sinon, là j'ai eu Forbidden Siren (tiré du jeu vidéo Siren sur PS) e vostfr (le film est japonais. Je te dirais ce qu'il vaut dès que je l'aurais vu ;)
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#2 RE: [REC] - [REC]²Xavier Henry 30-06-2010 18:41
Je l'ai vu il y a un moment, Siren, surprenant, légèrement surjoué (à la japonaise quoi, ça cabotine), mais un film surprenant ! Tu me diras ce que tu en penses.
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