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Castle of Illusion

Misérable Mizrabel

L'introduction du jeu plante directement le décor : Mickey et Minnie dansant amoureusement dans les bois, la musique heureuse... puis vint la foudre, le vent et Mizrabel. Vieille sorcière aigrie et jalouse de la beauté de Minnie, elle l'enlève pour l'emmener au château des Illusions. N'écoutant que son courage, Mickey s'élance à la poursuite du balai de l'immonde sorcière, et rencontre un vieil homme devant les portes du château. Celui-ci presse notre vaillante souris de retrouver au plus vite sa compagne, car Mizrabel projette de lui voler sa beauté, dans la plus haute tour du château. Mickey devra triompher des Maîtres des Illusions pour récupérer les Joyaux, seul moyen de vaincre la sorcière...

Cinq mondes magnifiques

Mickey va ainsi visiter 5 pièces du château, chacune renfermant un monde illusoire à part entière. Si le schéma est désormais classique, en 1990, c'était fascinant. L'écran-titre du jeu ainsi que son déroulement rappelle inévitablement un dessin-animé, renforcé par le cinématographique "Starring Mickey Mouse".

Les graphismes sont très coloré, et tout est magnifiquement bien animé. Si le palais est bien moins lugubre qu'on pouvait s'y attendre, avec ses jolies portes et ses murs roses, témoignant finalement que Mizrabel n'est pas réellement une "méchante", les mondes visités sont remplis de danger, et très très variés. Chaque pièce étant divisée en 3 mondes distincts et conclue par un Maître de l'Illusion, chacun demandant une technique particulière pour être vaincu.

La première pièce du château est une immense foret, où les lianes se balancent et où les pommes géantes menacent de vous écraser. S'ensuit un monde où Mickey doit évoluer sur des feuilles volantes parmi des toiles d'araignées, puis retour dans la forêt, qui devient hantée en pleine nuit... Un arbre belliqueux faisant trembler le sol et vous fonçant dessus conclu ce premier monde.

 

La seconde est un monde de jouet. Si la sortie du premier niveau est devant votre nez, elle est fermée. La clé se trouve en haut d'un escalier géant qu'il faudra gravir en évitant les soldats de plomb, les avions en plastiques et les boîtes surprises. Le niveau suivant est un long couloir jonché d'ennemis. Il vous est possible de littéralement retourner l'écran pour écraser vos ennemis au plafond et évoluer vous-même la tête en bas. Un clown bondissant aux bras extensible vous attend à la fin du troisième niveau, très orienté plateforme.

 

Le troisième monde est réellement mon préféré. Débutant sur une falaise balayée par les vents et un magnifique ciel orageux, vous devez évoluer d'abord à la surface, puis trouver le bon passage sous l'eau pour atteindre la sortie, en évitant les poisons carnivores, les chauves-souris et les petits champignons. Le niveau suivant est un temple ancestral en ruine. Mickey doit évoluer de plateforme en plateforme, parfois minuscules, tout en esquivant ses ennemis, et les chutes d'eau qui le feront dégringoler vers les abîmes. Un couloir se remplissant cycliquement d'eau fait office de troisième niveau. Vitesse et précision y sont de mise. Un énorme totem crachant des créatures aquatique fait office de boss de fin de niveau.

 

Le quatrième monde est fascinant. Il s'agit d'une immense bibliothèque, où il est possible de plonger dans les tasses de thé, d'esquiver des livres qui tenteront de vous écraser, ou encore de se pendre aux interrupteurs des lampes. Des vers, des avions en plastiques et des lettres essayeront de vous freiner, mais vous atteindrez bien vite la bouteille de lait renversée... faisant office de deuxième niveau. Magnifique, c'est un monde de gâteau et de friandise, où des dauphins en gelée essayeront de vous faire tomber des plateformes en gâteau et des ponts en bonbon. De retour dans la bibliothèque, vous atteindrez ensuite une autre bouteille de lait, renfermant le gardien de la gemme, sous la forme d'un dragon en bonbon.

 

Le dernier monde renferme un château aux armures hantées, où même le décor peut parfois se retourner contre vous. Enchainant directement avec les douves, aux lacs acides et aux poissons carnivores, vous arriverez peut-être en vie dans la Tour de l'Horloge, magnifiquement représentée, avec ses mécanismes et ses rouages, avec une musique oppressante. Très exigent, la moindre chute vous fera recommencer la quasi totalité de votre ascension. Au terme de ce pénible périple vous attend le dernier gardien des Joyaux, invulnérable à vos attaques, sauf à un moment bien préçis.

 

Vous voici enfin en possession de toutes les gemmes, vous pouvez atteindre la Tour de Mizrabel et affronter la sorcière avant qu'elle ne transfère sa laideur sur votre belle compagne... mais encore faut-il la vaincre...

Ce jeu est passionnant de bout en bout. Aucun niveau ne se ressemble, tant au niveau de l'ambiance, des décors, des musiques ou encore du gameplay. Chaque monde apporte réellement sa propre touche et on sent bien que Sega a pris plaisir à développer ce titre.

Mickey possède en outre une palette de mouvement assez complète pour l'époque. Son arme favorite reste son destructeur coup de fesses sur la tête des ennemis (par une double pression du bouton de saut, ou saut + bas), qui le fait rebondir plus haut, mais il peut aussi récolter des projectiles (pommes, bougies, boules...) pour les lancer sur les ennemis. Il est aussi capable de nager, et de s'accrocher à des lianes pour traverser des précipices. Il est aussi jouissif de voir que quand il s'accroche aux interrupteurs des lampes, celles-ci s'éteignent le plus naturellement du monde, sans affecter autre chose que la lumière du lieu. Un souci du détail très plaisant qui se retrouve partout dans le soft.

Mickey possède 5 points de santé (HP, diront-nous aujourd'hui), et il perd une vie une fois ceux-ci à 0. Heureusement, si les ennemis sont souvent coriaces (bien que scriptés), et qu'ils adoptent des déplacements souvent difficiles à appréhender (les chauves souris, les avions, les piranhas...), des étoiles sont disséminées un peu partout vous permettant de retrouver un peu de santé. Des bonus sous forme de diamants augmentent également votre score, vous donnant droit à des vies supplémentaires une fois un certain palier atteint... pour avoir refait le jeu entièrement avant d'écrire ces lignes, j'ai obtenu une vie supplémentaire via ce moyen dans les douves du château.

Les boss du jeu sont très bien intégrés. La musique des affrontements, bien que toujours identique, vous met la pression dés le début. Les gardiens des joyaux ont chacun une façon spécifique d'être vaincu, et si trouver la technique adéquate vous demandera parfois quelques vies, une fois celle-ci acquise, les combats deviennent enfantins.

Enfin, c'est toujours un plaisir de parcourir le jeu, même une fois terminé. On prend plaisir à ne plus se faire avoir par les mêmes pièges, on redoute d'affronter certains ennemis dont on n'a toujours pas saisi le mode de déplacement (les lettres dans la bibliothèque) et on se surprend à trouver de nouveaux bonus bien cachés. Ces derniers vous demanderont un saut presque suicidaire, une foi inébranlable en votre instinct, voire d'essayer chaque plateforme qu'il est possible d'atteindre en rebondissant sur un ennemi. Le challenge est toujours un peu présent au fur et à mesure des parties

A noter que le jeu possède 3 niveaux de difficulté. Le premier vous limite aux trois premiers mondes, tandis que le troisième vous imposera l'intégralité des mondes avec beaucoup plus d'ennemis. Le mode facile est réellement à délaisser, sauf si votre maîtrise des jeux de plateforme est mauvaise, car se serait se priver d'un très beau voyage féérique jusqu'au sommet du château des illusions. Il existe une pléthore de jeux estampillés "Mickey Mouse", la génération 16Bits en a vu passer la majorité, et la plupart de ces titres sont excellents. Cependant, la magie et le côté "Mickey Classique" qui se dégage de celui-ci n'a toujours pas été égalée, mais très approchée, par les suites, comme l'excellent "World of Illusion", accompagné cette fois de Donald.

Mais ça, ça sera l'objet d'une autre review.

 

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