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White Knight Chronicles
Le Royaume de Balandor vit une époque paisible. A l'occasion de l'anniversaire de la jeune princesse Cisna - muette depuis la mort tragique de sa mère - de grandes festivités sont organisées, qui sont propices à une réconciliation avec les ennemis de toujours, le Duché de Faria.
Au coeur de la fête, de mystérieux ennemis, menés par un énigmatique Chevalier Noir, font irruption dans le palais avec une machine de guerre, tuent le roi et tentent d'enlever Cisna.
Présents lors des festivités, Leonard, Yulie, Eldore et vous-même tentez de protéger la princesse, fuyant l'ennemi par les souterrains. Leonard et Cisna découvrent alors une armure gigantesque, véritable cible du Chevalier Noir. Alors que la princesse est enlevée sous ses yeux, Leonard passe un pacte avec l'armure afin de l'endosser, et part à la poursuite des ravisseurs, accompagné de ses amis.
Ah, White Knight Chronicles... il aura mis du temps à nous parvenir ! Prévu comme une trilogie, il sort malheureusement presque en même temps qu'un certain Final Fantasy XIII chez nous. La saga de Square-Enix fait décidément de l'ombre à beaucoup de titres... Mais ce dernier vaut-il vraiment le coup ?
Tout d'abord, qui est Level 5 ? Petite boîte de développement japonaise apparue en 1998, ils sont à l'origine de pas mal de petites perles vidéoludiques, à commencer par Dark Cloud et Dark Chronicles, ainsi que Dragon Quest VIII et Rogue Galaxy (tous sur Playstation 2). Certains de ces titres doivent vous être familiers. Après justement un Rogue Galaxy très sympathique et très accessible (comprenez par là qu'il est très facile), Level 5 délaisse le côté Cell-Shading pourtant très réussi de ces dernières productions pour un style plus classique avec WKC. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le titre ne brille pas par sa réalisation graphique. Non pas que le titre soit raté, mais disons que nous avons en face de nous un moteur graphique déjà dépassé depuis longtemps, une synchronisation labiale plus que catastrophique et une mise en scène trop souvent molle.

Pour une fois, je donc commence par ce qui fâche. Ajoutons à cela un scénario maladroit et qui enchaîne les clichés les plus connus. En effet, outre la princesse un peu nunuche à sauver et les prophéties séculaires, le soft reprend presque à la lettre certaines scènes ou éléments déjà bien connus. Entre Leonard et Cisna dansant la nuit sur un lac (copie de Tidus et Yuna dans la forêt de Macalania) ou ces étranges oiseaux projetant des hologrammes de la princesse afin de lui parler, principe tout droit sortis de Star Wars et Leïa, les références sont légions et pas toujours très bien intégrées.
Si le scénario se laisse suivre sans déplaisir malgré son classicisme, il révèle ses faiblesses vers la fin du titre, tout comme Rogue Galaxy d'ailleurs. Level 5 a cette habitude de très bien commencer ses jeux et de donner l'impression de ne pas savoir comment agencer ses éléments sans que cela ai l'air d'ajouts de dernière minute. Ainsi certains points sont brossés à la va-vite pour satisfaire les besoins du scénario ou pour justifier un choix. L'exemple le plus parlant pour moi est celui du personnage de Kara. Sans rien révéler sur elle, on dirait que son personnage a été rajouté en cours de route, et adapté au fur et à mesure de l'avancée du projet, mais sans réelle cohérence. D'autre part, certains passages sont très légers et drôles, tandis que certains décors valent le coup d'oeil pour leur originalité (la ville de Greed par exemple) et certains monstres sont réellement énormes.
Pour le reste, soyons honnête, WKC est un très bon jeu. Déjà sur son principe : vous n'êtes pas le héros. Le héros, c'est Léonard, détenteur de l'Arche du Chevalier. Vous, vous êtes son collègue de travail. D'ailleurs, en commençant la partie, vous devez créer votre avatar, à la façon des Sim's. Coiffure, yeux, gabarit, taille, pilosité... l'éditeur est très complet et vous permet de créer votre personnage de façon très poussée. Ce personnage, c'est vous. Il est intégré à chaque cinématique, mais ne parle jamais. Je trouvais ce système très sympathique, car cela nous renvoie à des principes très "Old School" des jeux de rôles : votre avatar est une coquille vide, c'est vous qui lui donnez sa consistance. Les fans des "Shin Megami Tenseï" apprécieront. Les autres personnages par contre réagissent comme dans n'importe quel jeu de rôle : ils interagissent, font avancer le scénario etc... vous, joueur passif derrière votre écran, prenez corps dans le jeu.
Chaque personnage peut évoluer de la façon dont vous le voulez. Archer, mage blanc, noir, épéiste, lancier... à vous de choisir la spécialité de chacun ainsi que de votre avatar. Vous êtes libre de faire un robuste combattant à l'épée batarde, mais de lui apprendre l'un ou l'autre sort d'optimisation ou de soin au cas ou... Même si pour le jeu solo, il est plus simple de spécialiser l'un de vos personnage en mage blanc, de lui mettre des accessoires favorisant la magie et de l'équiper d'une arme à forts dégâts.

Vous disposez de 3 jauges : une de vie, une de magie et une de Points d'Action (PA). Si les deux premières se régénèrent seules avec le temps et même en plein combat, la troisième vous permet de lancer non pas des sorts mais des techniques particulières. Ainsi, l'archer pourra décocher une pluie de flèches sur l'ennemi en "payant" un ou plusieurs points d'action. Ces points se régénèrent durant les combats suivant vos actions. Sachant que la transformation de Léonard en Chevalier demande 7 PA ou plus, restez vigilant à ne pas trop lui faire dépenser de points, même si généralement les combats peuvent se faire sans l'aide de celui-ci, mais ça les écourte beaucoup quand même.
Il est possible de grossièrement paramétrer le comportement de vos héros. L'un pourra soigner en priorité, tandis que l'autre pourra jeter toutes ses forces dans la bataille, ou agir comme il l'entend. Vous aurez sans doute envie de jouer votre avatar plutôt que Léonard tout au long de l'aventure. Sachez que si vous paramétrez Léonard pour se battre de toutes ses forces, il dépensera les PA qu'il possède. Si vous avez besoin de l'aide du chevalier, cela pourra s'avérer dangereux...
Si il est possible de voir la fin du jeu en une trentaine d'heure en ligne droite, avec un niveau 30 en poche, l'intérêt principal de WKC est que ce fameux avatar, vous allez pouvoir l'utiliser en ligne. En effet une fois sur la carte du monde, vous pouvez décider de vous connecter au Geonet (voir plus bas) afin de créer des salons de joueurs pour partir ensemble à l'aventure dans des missions diverses et variées. Les équipements, l'expérience et les objets récupérés lors de ces sessions en ligne s'ajoutent tout naturellement à votre inventaire solo. Level 5 a prévu déjà un nombre conséquent de missions intégrées dans le jeu, mais en rajoute régulièrement d'autres. Autant dire que la durée de vie double alors très facilement... Les quêtes sont à acheter dans les Guildes d'Aventuriers de chaque ville, et se débloquent suivant votre Rang de Guilde, qui évolue au fil des missions.

Plus précisément, le Geonet, c'est un espace en ligne où vous pouvez gérer vos aventure, vos amis, messages, forum et votre Georama. Système cher à Level 5, vous avez en effet la possibilité d'investir vos maigres revenus dans la construction d'une ville, qui deviendra le salon hôte de vos parties en ligne. Durant vos voyages, vous aurez la possibilité de collecter des ressources, et de recruter des personnes dans les villes afin de venir peupler votre village, et de les y faire travailler. Guerrier, mages, chefs cuisiniers, fermiers, mineurs... autant de jobs utiles pour rendre votre hameau sympathique et surtout utile. en effet, suivant les bâtiments et les personnes aux diverses compétences que vous y installez, les ressources et les équipements disponibles dans le magasin de votre village changent. Si vous créez un village de guerriers, vous y trouverez des ressources qui se trouvent en général sur les monstres que vous tuez, etc... On essaye donc bien vite de recruter les meilleurs, mais ce n'est pas si simple.
Vous disposez d'abord d'une petite parcelle de terre et de quelques bâtiments. Il vous est possible d'agrandir votre domaine moyennant finance, et de développer d'autres bâtiments. Que ça soit clair : à part quelques objets utiles pour fabriquer des équipements, le Géorama ne génère aucun bénéfice. Si des joueurs achètent des ressources chez vous, vous n'aurez pas d'argent en plus. Un peu dommage d'ailleurs, cela aurait poussé à développer des villages spécifiques. Surtout vu la difficulté à engranger de l'argent... Le Géorama sera d'ailleurs plus une activité à développer après la fin du mode solo que pendant. L'achat des équipements demande en effet beaucoup de moyens, et à moins d'être un adepte du "farming" intensif, ils monteront lentement.
Autre aspect du jeu et du Georama, et sans doute un des plus intéressant : A un moment de l'aventure (dans la ville d'Albana), vous aurez accès à un atelier de fabrication d'équipements. Reprenant le côté "grenouille" de Rogue Galaxy, vous aurez la possibilité de fabriquer des potions, des accessoires, des armes et des armures. Bien entendu, les ressources ne sont pas toujours facile à trouver et je vous conseille de ne rien revendre à part peut-être vos vieux équipements, et encore... les démonter permets de récupérer des ressources, et les versions améliorées de certains équipements sont parfois des ingrédients pour d'autres.

Mais avant d'avoir accès aux meilleures recettes, il va falloir être une fois de plus généreux. Les grenouilles récompensent en effet leurs meilleurs clients... à vous de leur faire don d'objets et de ressources, afin de gagner des "niveaux de client" et débloquer des recettes. attention tout de même à ce que vous donnez. Il va falloir faire la part des choses entre les objets qui vous rapportent beaucoup de "points client", mais qui sont rares et ceux qui rapportent peu mais sont très communs...
Au final, on se retrouve presque avec deux jeux en un. D'abord un petit RPG sympathique, à la progression agréable et au système de combat dérivé de Final Fantasy XII (donc très tourné "temps de latence entre chaque action malgré le côté temps réel" - un peu mou pour certain bien qu'hérité du MMORPG.). On a quand même du mal à lâcher la manette, le scénario avançant vite, tout comme l'envie de développer les caractéristiques de son avatar. Ensuite, un MMORPG tout à fait satisfaisant, permettant de ne pas passer des nuits dessus (les missions ont un temps limite d'une heure). Les serveurs sot stables, créer son salon, sa ville, recruter des habitants suivant leurs statistiques, développer la fabrication d'objets, amasser des ressources... tout cela devient vite prenant sans jamais être lourd ou pénible.
White Knight Chronicles sort en Europe un an après sa sortie japonaise, et dans la même période que des poids lourds comme Final Fantasy XIII. De nombreux joueurs passeront à côté, à cause de ses graphismes principalement, mais c'est une erreur. WKC m'a fait lâcher Final Fantasy XIII, pourtant très prenant et intéressant, mais aussi plus compliqué et exigeant. Le titre de Level 5 est plus accessible, plus léger et somme toute, plus récréatif. Son côté "Prologue" pourra décevoir certains, mais augure d'une agréable suite qui tirera les leçons des erreurs de son aîné pour nous offrir un grand jeu de rôle.










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