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Il n'est pas question dans cet article de parler de l'excellent roman de Terry GoodKindl'Épée de Vérité, mais bien de son adaptation en série.

Il est en effet étrange de voir une saga littéraire de Fantasy adaptée en série télévisée. Surtout quand la-dite adaptation porte à mon sens quelque paradoxes.

Voir Sam Raimi à la production a quelque chose de rassurant, nous lui devons tout de même les adaptations assez réussies de Spiderman et la saga culte des Evil Dead. A côté de cela, il ne faut pas oublier qu'il est également papa d'autres séries télévisées, à savoir Xena la guerrière, et Hercules, d'autres séries typées Fantasy, mais qui, avouons-le, ont assez mal vieilli.

Aussi, voir son nom associé à Disney pour une œuvre aussi belle que violente, porte à interrogation.

L'Épée de vérité est avant tout une énorme histoire d'amour impossible entre Richard Cypher/Rahl et Kahlan Amnell. A la violence des affrontements du Sourcier se complète la violence de leurs sentiments, envers et contre tout. Les scéances de tortures et de mises à mort s'accompagnent des témoignages d'amour parfois fougueux des deux protagonistes. Comment, dés lors, Disney allait-il pervertir l'oeuvre ?

Et je dois dire que l'ensemble ne s'en sort pas si mal.

Tout d'abord, grâce aux acteurs.

Richard Cypher/Rahl est convaincant, et colle bien à celui qu'il était dans le premier tome, à savoir un jeune guide forestier, vivant humblement avec son père. Il est jeune, plein de vie et d'idéaux. On imagine cependant assez mal comment Craig Horner pourra faire évoluer le jeune Cypher en seigneur de guerre Rahl. Nous savons à l'heure actuelle qu'une seconde saison, sans doute basée sur le second tome, verra le jour cette année.

Zeddicus Zul'Zorander n'est pas ressemblant à l'idée que je m'en faisais à la lecture du roman, mais au bout de quelques minutes, on arrive à l'apprécier et à lui donner sa place. Avec ses faux airs d'Hemmet Brown (Christopher Lloyd de Retour vers le Futur), il devient vite attachant et amusant. Il apparaît bien vite comme le sage surpuissant accompagnant nos jeunes héros, ce qui diffère de l'œuvre écrite.

Kahlan Amnell a été particulièrement bien choisie en la personne de Bridget Reagan. Dégageant à la fois de la vulnérabilité et de la puissance, il est aisé de comprendre comment Richard succombera à ses charmes. Avec un regard réellement déterminé, l'actrice ne semble même pas jouer un rôle. Un regret cependant, de Mère Inquisitrice dans le roman, elle devient simple Inquisitrice parmis d'autres dans la série.

Prenant certaines libertés quand au déroulement de l'histoire par rapport au roman, la série ne le dénature pas pour autant. Chaque épisode s'attarde sur la relation entre Richard et Kahlan, de plus en plus ambigüe sans jamais tomber dans la mièvrerie. La passion de Richard et le cruel dilem de Kahlan sont bien restranscrit, sous l'oeil inquiet et désaprobateur de Zedd.

L'histoire d'amour prend une autre tournure après l'enfermement de Richard par la Mord-Sith Denna, lorsqu'il apprend la véritable raison de la prise de distance de Kahlan par rapport à ses sentiments. Dés lors, on vogue entre l'espoir de Richard et la résignation de Kahlan, et l'intrigue principale - Empêcher Darken Rahl de s'emparer des boîtes d'Orden et libérer les Midlands - passe presque au second plan. Chaque situation, chaque combat étant propice  à un regard et à une dévotion envers l'autre très touchante.

La violence, comme on aurait pu le croire, n'a pas été trop édulcorée, malgré une absence de sang autre part que sur les lames des épées, ce qui n'est déjà pas mal pour Disney. L'épisode consacré à Denna retranscrit bien encore une fois toute la violence de la torture subie par Richard, même si cette partie aurait mérité d'être étendue sur deux épisodes, afin de bien marquer la descente aux enfers de Richard. Au final, ce n'est pas son amour extrême pour Denna qui lui permet de la tuer, mais simplement sa nouvelle résistance à la douleur.

On s'étonnera aussi de l'adaptation des boîtes d'Orden. Initialement, Darken Rahl a besoin du grimoire des Ombres Recensées afin d'utiliser le pouvoir des boîtes. Le livre ayant été détruit des années avant par Georges Cypher, la seule copie existante encore est gravée dans la mémoire de Richard, ce qui constitue l'objet de la "trahison" de Kahlan prophètisée par Shota, forcée de confesser Richard pour qu'il récite très préçisément à Rahl la manière de tracer les signes et d'incanter. Dans la série, Richard réussi à rassembler les trois boîtes, qui l'investissent directement de leur pouvoir et de leur corruption.

De ce fait, on se demande quand même en quoi peut bien consister la trahison de Kahlan envers son sourcier...

Richard se voit aussi attribuer une soeur, très spéciale elle aussi, car définie comme l'unique "inapte immaculée" de sa génération. Insensible à la magie mais incapable de l'utiliser, elle assiste à la mort de sa mère (fille de Zedd), tuée par une Denna réssucitée.

Au final, nous avons ici une série qui rempli honnêtement le contrat d'une adaptation télé d'un roman dantesque. L'accent est mis d'avantage sur la relation Richard/Kahlan que sur le reste, mais on en redemande malgré tout. Il y a cependant d'énormes différences entre le roman et son adaptation, mais elle se laisse suivre avec grand plaisir.


 
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