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Et oui, une fiche sur Mass Effect 2, pourtant sorti depuis plus d'un an. La version Playstation n'a, elle, environ qu'un petit mois. Si, depuis que la licence existe, je n'ai entendu que du bien de Mass Effect, je m'y suis assez peu intéressé et ce pour différentes raisons.

Tout d'abord pour une question de plate-forme. Mon PC n'étant pas une machine de joueur et ne possédant pas de XBox 360, j'avais tout naturellement dirigé mon attention sur d'autres titres. Ensuite, si j'aime beaucoup les univers de science-fiction, les TPS (Third Person Shooter) ne sont clairement pas mal tasse de thé. Loin devant les FPS, mais pas très proches de mes goûts en matière de jeu tout de même.

J'ai d'abord un peu par hasard touché à Dragon Age : Origins, vivement conseillé par certains de mes contacts PSN. Trouvé neuf à bas prix chez Media Markt, je m'étais dis "pourquoi pas", n'ayant aucun titre plus intéressant sous la main. Si les premières heures de jeu (le prologue des elfes dalatiens) ne m'ont clairement pas emballés, une fois Ostagar dépassé, le jeu de Bioware m'a littéralement passionné. Un univers riche, de nombreux choix, des alliances, des trahisons, une quête épique, des compagnons tous plus intéressants et fouillés les uns que les autres, une bonne durée de vie et une rejouabilité à toute épreuve. Si ce n'est déjà fait, ruez-vous dessus, il vaut la peine.

Quelques DLC et l'extension Awakening plus tard, voilà qu'on entend l'annonce du portage de l'autre gros succès du studio sur mon Monolithe : Mass Effect 2 ! De plus, pour combler l'absence du premier épisode, un comics interactif permettant de faire les choix dont dépendent le bon déroulement du second opus, ainsi que les différents contenus et personnages supplémentaires des DLC XBox sont présents sur la galette.

Une bonne quarantaine d'heure plus tard, j'attends avec impatience la sortie du troisième et normalement dernier segment des aventures du commandant Sheppard.

Peu de joueurs ont délaissés le titre pour les mêmes raisons que moi. La majorité possède une XBox, et la boîte verte commençait à me faire de l'oeil depuis un moment avec ce Mass Effect, Alan Wake et Limbo, malheureusement exclusifs. Une raison s'est envolée, avec un peu de chance, les autres suivront le même chemin.

J'ai adoré cette odyssée spatiale, je l'admets, malgré des côté que j'ai trouvé plus réussis sur DA:O, comme le fait que les compagnons discutent énormément durant les phases d'exploration. Entendre Alistair et Morrigan se lancer des joyeusetés rendait le soft plus imersif. Dans ME2, il est possible de questionner ses compagnons à certains endroits, mais c'est tout. Bien entendu, le vaisseau Normandy sert aussi de lieu de rencontre et d'échange de point de vue, à tel point que je dois y avoir passé d'avantage de temps que dans les différentes missions.

 

Mais passons. Néophyte, la bande dessinée interactive m'a donné une idée générale de ce que mon avatar et ses compagnons ont combattu la première fois. La menace des Moissoneurs et le terrible Sovereign ont piqués ma curiosité, et je n'ai pas pu m'empêcher de faire le lien entre ces derniers et les Grands Anciens de H.P. Lovecraft (et plus précisément Cthulhu), tant les similitudes sont présentes. Vous connaissez mon intérêt pour son oeuvre, et croyez-moi, la mission de récupération du module d'identification des Récolteurs y fait clairement référence dans les divers journaux laissés par les membres de Cerberus.

Cette BD interactive a le mérite d'exister et d'introduire correctement ce nouveau chapitre, cependant, nombre de références y sont présentées de façon trop succinte par rapport à ce qu'elles devraient être. On réalise très mal ce qui est arrivé à Eden Prime, on sélectionne son choix amoureux au hasard, sans connaître les protagonistes, on décide de la vie ou la mort de Wrex (le Krogan) sans saisir tous les enjeux réels et l'impact que cela a émotionnellement sur Sheppard et son environnement, on conçoit mal la portée du fameux génophage Krogan. En définitive, il vaut bien mieux se diriger vers les cinématiques complètes du premier épisode que vers ce résumé trop vite expédié (bien que joliment réalisé).

Le jeu nous met aux commandes de Sheppard juste avant... sa mort, le Normandy et son équipage étant attaqués par un gigantesque vaisseau inconnu. Deux années plus tard, Sheppard se réveille sur une table d'opération de Cerberus, sorte de faction pro-humaine à tendance extrémiste, que l'on devine ennemi du héros dans le premier épisode. Les enjeux sont simples : l'Homme Trouble, à la tête de Cerberus, vous a ramené à la vie afin de contrecarrer les plans des Moissonneurs et sauver l'humanité. En plus de cela, la menace Geth n'est pas écartée et un nouvel ennemi - Les Récolteurs - s'en prend exclusivement aux colonies humaines, ne laissant que des stations ou cités vidées de leurs occupants. A contre-coeur, mais épaulé par la belle Miranda et Jacob, vous partez à l'aventure recruter les seuls compagnons aptes à se lancer dans une entreprise aussi suicidaire.

Ce qui est amusant, c'est qu'au final, la menace des Récolteurs (et donc des Moissoneurs) passe au second plan. On passe bien plus de temps à silloner la galaxie à la recherche de ses compagnons qu'à affronter l'ennemi. Bien entendu, l'Homme Trouble vous enverra en mission l'une ou l'autre fois (sans qu'on puisse y couper) pour faire avancer la trame scénaristique, mais la majorité du temps, vous serez libre de vos mouvements. Et là, le jeu s'avère passionant.

Tout d'abord, chaque protagoniste a son histoire, son caractère et fait l'objet d'une mission complète de recrutement ainsi que d'une mission, plus tard dans le jeu, qui vous assurera sa loyauté si vous décidez de l'aider. Au-delà des apports de gameplay et bonus associés, ces phases sont les plus intéressantes du jeu. Vous apprenez à connaître vos hommes, ils ne sont plus aussi impersonnels qu'avant. Leur motivation première n'est pas de vous aider dans votre mission, mais ils ont leur propre quête, souvent touchante, qu'ils souhaitent accomplir avant de se lancer dans une attaque suicidaire. La terrible Samara cache un lourd fardeau dont l'issue ne dépendra que de vous, Grunt est en quête d'identité, Thane, Jacob et Miranda ont des problèmes familiaux à régler etc... Il vous incombe de vous intéresser ou non à leurs histoires.

Sheppard n'est pas non plus inintéressant puisque... c'est vous ! En effet, durant les très nombreuses phases de dialogue, vous pourrez interroger les autres personnages, mais aussi réagir pour modifier votre approche via des réponses tantôt conciliantes, tantôt pragmatiques ou tout simplement neutre. Ces choix de réponses influencent la façon dont les autres vous perçoivent. Qui plus est, une icône de conciliation ou de pragmatisme peut parfois apparaître dans un coin de l'écran durant un très court laps de temps, permettant de réaliser une action interrompant celle en court : lors d'un long laïus d'un ennemi, vous pourrez interrompre son monologue en lui mettant un coup de tête. Si une amie vous parle de ses angoisses, si vous êtes assez rapide, vous pourrez la prendre dans vos bras pour la réconforter, etc... ces actions et ces choix de dialogues font grimper des jauges de conciliation ou de pragmatisme, influencant directement vos possibilités d'action pour la suite du jeu. 

La version PS3 inclus donc tous les chapitres supplémentaires de la version XBox, avec ses deux personnages bonus. Si je trouve que le mercenaire Zaeed (que l'on trouve très tôt) est assez basique et inintéressant jusque dans sa mission de loyauté, la belle Kasumi nous offre une mission digne d'un James Bond des étoiles. En effet, il nous faudra infiltrer une petite sauterie pour pénétrer en douceur le coffre-fort d'un collectionneur d'art. Kasumi est aussi un des personnage les plus pratique en début de parcours.

La mission Suprêmatie est intéressante scénaristiquement mais souffre de nombreux bugs qui la rendent pénible à jouer. Tout d'abord, il vous est possible de lancer cette suite de mission avant même de récupérer "officiellement" le vaisseau HammerHead que vous utilisez pour Suprêmatie. Si ce n'est pas gênant en soi, certaines de ses fonctionnalités utiles vous sont inconnues avant de l'avoir trouvé. Ensuite, de nombreux bugs de colision entâchent la progression. Il n'est pas rare de passer à travers une plateforme et de se retrouver à brûler dans la lave. Relativement longue, elle apporte une histoire intéressante par rapport aux Geths.

Le Courtier de l'Ombre est l'occasion de retrouver la belle Liara T'soni durant une longue mission aussi variée que réussie. Entre enquête, course-poursuite à bord de voiture volante sur Illium et mission classique d'action, le contenu est de qualité !

Mass Effect 2 est malheureusement habité par les bugs en tout genre : décalage son/image lors de cinématiques, PNJ vous tournant subitement le dos, freezes de la console à certains points de passage, corruptions de sauvegardes... à part ce dernier, rien de trop grave ni handicapant heureusement... Le scan de planète, nécessaire pour trouver les minerais et quêtes annexes pourront aussi en rebuter plus d'un, bien que de mon côté, c'était une composante reposante de l'aventure.

 

Au final, j'ai découvert une nouvelle très belle licence qui m'offre un scénario travaillé, des protagonistes attachant, une certaine liberté d'action, un univers très vaste et une mise en scène de haute volée. Le doublage français, quoiqu'inférieur à l'original, reste de bonne facture. Le trailer de Mass Effect 3 a été révélé, et il promet un final épique ! Si vous ne possédez pas la XBox 360, ruez-vous sur ce jeu, la PS3 a été gâtée pour ce portage !



 
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