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J'ai un peu tardé, mais ma chère et tendre a eu l'excellente idée de m'offrir l'opus PS3 de Ken le Survivant à Noël. J'avais lu pas mal de tests sur les sites spécialisés qui crachaient à tour de rôle sur cette adaptation, mais si il y a bien une chose de vraie de nos jours, c'est que je journalisme vidéoludique n'est ni le plus fiable, ni le plus à-même de juger quel jeu me procurerait le plus de plaisir. Ainsi, si ce Ken's Rage est largement perfectible, il n'en reste pas moins agréable à parcourir en faisant vibrer ma fibre nostalgique.

Amputé d'une bonne partie de son essence lors de sa diffusion au Club Dorothée (merci les doubleurs partis en vrille), il a fallu attendre la traduction papier pour suivre toutes les aventures violentes et mélancoliques de l'héritier du Hokuto. Le jeu reprend donc la trame originale en nous mettant dans la peau de Ken de sa rencontre avec Lynn à la défaite de Raoh (ce qui laisse une possibilité de suite pour la seconde partie), à la sauce "Dynasty Warrior", c'est à dire à cent contre un. Nous parcourons donc les contrées désolées du monde en éclatant (au sens propre) des hordes de punks et autres géants d'un objectif à l'autre.

Tous les tests pointent les mêmes "défauts" : le jeu est répétitifs, les décors sont mornes et la réalisation n'est pas des plus aboutie. Depuis la claque NieR, nous avons tous appris de la plus belle des façon qu'il fallait passer outre l'aspect graphique d'un jeu pour découvrir de jolies pépites. Non pas que Ken soit aussi réussi, mais il est rare de mettre la main sur une adaptation aussi fidèle d'un manga. Le déroulement de l'histoire est bien respecté, agrémenté de cinématiques réussies utilisant le moteur du jeu. Bien entendu, le début du jeu se révèle peu passionnant, jusqu'à la confrontation avec Jagi, où les enjeux scénaristiques se révèlent : la confrontations avec les autres frères et les étoiles du Nanto, jusqu'à la quête quasi prophétique de l'héritier de la Grande Ourse.

Tout le monde est présent, et les joueurs ont même la possibilité d'incarner les autres personnages pour suivre l'histoire de leur point de vue. Ainsi, nous pourrons diriger la belle Mamiya (agile et équipée d'une arbalette), le tranchant Reï, Toki et même le surpuissant Raoh ! De plus, un mode fiction est également de la partie, et nous permet de jouer avec Jagi, Souther et une dizaine d'autres protagonistes. Pour en revenir au mode histoire, diriger Ken a visiblement posé problème à bon nombre de testeurs, le trouvant trop lourd et pataud comparé à Reï ou Mamiya. C'est vrai, je ne le nie pas, mais un seul de ces testeur a-t'il seulement vu un épisode de la série ? Ken est la puissance calme incarnée. Le jeu nous permet même de marcher et d'encaisser plusieurs coups avant de vaciller. Quelle classe de voir cette montagne de muscle avancer inexorablement vers des groupes d'ennemis ! C'est ça la puissance de Ken ! Ses attaques sont lentes, mais dévastatrices !
Difficile de ne pas adorer cette façon de jouer, surtout lorsqu'on voit les hordes de punks valdinguer et exploser en groupe autour de soi. Le jeu permet quelques combos assez adaptés aux différents situations, allant des attaques de zone au coup chargé ciblé. Ajouté à cela, nous avons bien entendu accès au coups spéciaux qui ont fait le succès de la série ! Ken peut donc utiliser les Cents Déchirures au son des "Atatatatatata !" légendaires, au mythique Muso Tenseï en passant par la Fendeuse d'Embonpoint (utilisée pour la première fois contre Heart). Il suffit de charger une jauge d'énergie et d'attribuer à l'une des quatre touche de la croix directionnelle l'une de ces technique. En sus, Ken est capable d'utiliser des "furies", en faisant exploser son blouson et en portant une unique attaque qui viendra à bout de tout ennemi (sauf les boss). Si le début du jeu se révèle assez simple, la dernière partie recquière l'utilisation de tous les talents de l'héritier de la Grande Ourse tant les ennemis sont nombreux et résistants.

A ce propos, outre les hordes de punks, nous avons droits à différents "commandants" plus résistants et puissants que les autres. Les vaincre avant tout mettra leur armée en déroute, laissant tout loisirs de les massacrer durant leur fuite. Ces commandants demandent tous de briser leur garde avant de leur infliger des dommages. Certains sont du type "embonpoint", d'autres portent des armures à pointes interdisant le contact direct. Du côté des ennemis normaux, ils portent le plus souvent des haches ou des massues, mais certains, plus éloignés sont équipés d'arbalètes. Ces derniers sont les plus dangereux, car ils infligent de lourds dommages en repoussant Ken si il reçoit trop de flèches à la fois. Rien n'empêche le joueur de profiter de projectiles meurtriers pour en faire autant (lances, pylônes électriques, barils explosifs...).

Chaque mission est divisée en un maximum de 7 objectifs, certains étant facultatifs mais apportant à Ken des bonus non négligeables avant l'affrontement des boss, comme une hause de la défense, des dégâts ou des points de talents supplémentaires. Ces derniers sont à dépenser avant chaque début de mission sur une sorte de grille de compétences (souvent comparée au sphérier de FFX) pour augmenter les capacités du personnages ou lui attribuer de nouvelles techniques. Ces dernières sont soit du type "actives" (un maximum de 3 à équiper avant chaque mission, comme de l'augmentation de puissance lorsque la vie est basse) ou "passive" (automatiquement équipées, comme la hausse des points de vie, de la défense, des dégâts, etc...), apportant un côté personnalisation assez sympathique.

La réalisation des 7 objectifs de chaque chapitre apportant un sérieux bonus de points de talents, on parcours avec une certaine avidité chaque recoin des différents niveaux à couloirs, visitant chaque impasse et chaque itinéraire alternatif pour dénicher les missions bonus et les différentes caisses contenant de la vie, de l'énergie ou des rouleaux rares de points de talents. Certains passages pourront se faire sur une moto, et - cerise sur le gâteau - nous pourront même monter le destrier imposant de Raoh pour tout dévaster devant soi, le magnifique Kokuho, dans une dernière ligne droite épique. L4affrontement contre Raoh en fera d'ailleurs suer plus d'un ! En tout cas, il est bien fidèle à l'histoire.

Niveau réalisation globale, on reste dans la simplicité, arpentant sans cesse des déserts et des ruines. Si on peut être déçu, n'oublions encore une fois pas le manga original : point de forêts, de montagnes verdoyantes, mais bien des espaces désolés, continuellement plongés dans une lumière orangée, des bâtiments détruits et de la rouille. Quand on prend les choses sous cet angle, on peut dire que les concepteurs ont été très respectueux de l'univers, même si cela va à l'encontre de la direction des productions actuelles. Et puis, après un "Black Belt" passé à la moulinette et un "Last Battle" bâclé et censuré à outrance, on peut dire qu'on tient ici le meilleur jeu d'action-aventure de Hokuto no Ken. D'accord, ce n'était pas difficile...

L'ambiance sonore n'a pas à rougir. Tous les thèmes sont adaptés et accompagnent efficacement chaque scène, des plus violentes aux plus poignantes (ah... la mort digne de Reï...) et le doublage japonais est de qualité (n'oubliez pas de zapper l'immonde traduction américaine).Je n'ai pas grand chose à en dire. Elle n'est pas exceptionnelle, elle n'est pas ratée, juste ce qu'il faut pour ne pas irriter les oreilles et s'incorporer efficacement au jeu.

En définitive, on peut percevoir le jeu de deux façons : les néophytes et les plus jeunes vont lui cracher allègrement dessus pour sa lenteur, sa réalisation et sa répétitivité, tandis que les trentenaires comme moi ne peuvent qu'adorer la fidélité à l'univers sans pitié de Tetsuo Hara et Buronson, la puissance tranquille de Ken et la mélancolie qui se dégage de chaque chapitre. Il n'est pas exempt de défauts, loin de là, mais j'ai parcouru ce jeu avec plaisir, redécouvrant les différents chapitres dans une version plus succinte (oui, vous en profiterez mieux en ayant le manga en tête, certains passages étant un peu raccourcis, comme l'Arc de Shû et Souther).


 
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