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Zack Snyder a déjà su nous convaincre de sa maîtrise technique et artistique à travers "300" ou "Watchmen". Non seulement ses films sont visuellement bluffant, mais contiennent également un fond inattendu pour ce type de production à grand spectacle. Ainsi, on se souvient de la noirceur et de la violence contenue dans "Watchmen", présentant des super-héros costumés à milles lieues des standards, presques maniaques, et de leurs errements psychologiques.
Avec "Sucker Punch", Snyder s'exposait à une critique facile, et à un démolissage en règle. Présenter ainsi 5 jeunes filles courtes vêtues décimant une armée d'Orcs, de Zombies Nazis, des dragons, des démons japonais ou des cyborgs à coup de sabres ou à la mitraillette, on pourrait penser qu'on est en plein film pour adolescent, du même accabit que "Transformers 3 : Dark of the Moon".
Il est difficile par contre de faire fi des éléments ci-dessus pour apprécier tous les détails et l'aventure réelle qui se déroule. Après une introduction hypnotisante, où la frêle Emily Browning reprend le classique "Sweet Dreams" d'Annie Lennox, Snyder nous propulse dans un théâtre rempli de jeunes filles soumises à la coupe de Blue, où la jeune Baby Doll attend d'être remise au mystérieux mais cruel High Roller...
Le film joue ici avec 3 couches de réalités : l'arrivée de Baby Doll à l'asile, le théâtre et les différents monde fantastiques que les jeunes filles traversent pour récolter les clés de leur liberté. Autant le dire tout de suite : on nage en plein jeu vidéo lors de ces dernières séquences. Plans aux ralentis, combats à l'arme blanche, chorégraphie poseuses... Il est tout à fait possible de s'assoir et de déconnecter son cerveau pendant le visionnage de ce film. On assite alors à un patchwork de scènes d'action, entrecoupées de réunions entre les 5 filles (Baby Doll, Sweet Pea, Rocket, Blondie et Amber) qui mettent leur plan à exécution.
Comme je le disais, il est possible de s'en tenir au premier degrés, de ne voir que les filles, les effets spéciaux et le vide scénaristique, mais ça serait une erreur tant les détails sur ce qu'il se déroule réellement sont présents tout le long du film. En effet, sans vous gâcher la surprise, il n'est vraiment question dans ce film de la tentative d'évasion de Baby Doll avant l'arrivée du High Roller...

Côté casting, nous avons ici une Emily Browning parfaitement adaptée à son rôle, avec son visage d'enfant et ses couettes blondes, John Hamm cruellement sous exploité et Vanessa Hudgens creuse et inutile (mais je dirais que c'est fait exprès). La bande-originale fait la part belle aux reprises, comme "Sweet Dreams" ou "Army of Me" (avec Skunk Anasie) voire même Queen avec "We will Rock You". Le pire, c'est que ça s'adapte très bien au film...
En définitive, je m'attendais à quelque chose de très léger, et j'ai été agréablement surpris par l'esthétique générale, la bande originale et la façon dont l'histoire a été traîtée. Onirique, fun, audacieux, parfois déstabilisant, Sucker Punch est une belle réussite, assumant ses références, donnant toujours plus aux spectateurs dans un déluge d'effets visuels, nécessitant un second visionnage afin de passer outre son apsect purement esthétique afin de s'attarder sur le véritable enjeu du scénario.






