Il existe peu de films à-même de faire peur. On a eu les films d'ambiance, bien plus efficaces, avant que le cinéma d'effets spéciaux ne prenne le dessus et dévoile son savoir-faire en montrant toute sorte de chose.
Un scénario simple, un départ simple, 5 minutes chrono et nous voilà dans le coeur de l'action par l'entremise du caméraman d'Angela, qui essaye tant bien que mal de réaliser son reportage. Une image "télé-réalité" avec un seul point de vue, dans un immeuble étriqué, sombre et somme toute très banal. Au-delà de la paranoïa qui s'installe parmis les gens "sains", et les choix qu'ils doivent prendre au sujet des "infectés" (qui sont souvent de leur famille), l'action se veut trépidante, et les sursauts sont nombreux. A la différence d'un film "normal", nous n'avons ici qu'un seul point de vue, beaucoup de choses se déroulent hors-champs, ou passent très vite, dans la panique, les courses dans l'escalier, ... On retrouve donc pas mal de cette ambiance "on ne voit rien, mais on imagine, c'est pire", additionnée à la violence des infectés, qui sont des genres de zombies façon "Aube des morts" (ils ne traînent pas les pieds lamentablement, ils vous foncent dessus toutes dents dehors).
Tout comme les "héros", et notre Angela, nous ne savons pas ce qu'il se passe, mais les autorités ont mystérieusement bouclés l'immeuble et abattent tout ceux qui s'approchent trop près des fenêtres. Nous allons donc de surprises en timides révélations, à mesure qu'ils montent les marches menant au dernier étage, épicentre du drame. De part les séquences de dialogues entre survivants, on fini par s'attacher à certains, et - choses peu courante - on fini par les regretter.
La grande force du film est de ménager ses révélations, et de nous livrer le strict minimum pour que notre imagination fasse le reste. Car si des pistes nous sont vaguement données, à la fin du premier métrage, nous n'en savons pas beaucoup plus. Après tout, n'est ce pas ça le plus effrayant ?

Chose qui change brutalement dans le second opus, où tout nous est donné, après la fin ouverte du premier. Démarrant quelque seconde après la fin du précédent, de survivants, on passe à une escouade de forces spéciales et d'un expert en hygiène pour partir découvrir de quoi il retourne. Cette fois, il n'y a plus une seule caméra, mais une fixée sur chaque casque des membres de l'escouade. L'action oublie donc un peu l'ambiance et montre beaucoup plus qu'avant (suite oblige), n'hésitant pas à passer d'une caméra à l'autre, voire d'en incruster en bas de l'écran pour plus de détails.
Malgré "ce que ça aurait pu être" (cette idée très floue qu'on avait de l'explication du premier, mais qui est toujours meilleure que celle fournie dans le film), on ressort satisfait de ces [REC], que l'on peut visionner sans peine l'un à la suite de l'autre, si on a le coeur suffisament accroché pour 3 heures de caméra-épaule. Véritable ôde au voyeurisme et à la curiosité malsaine (Filmer quoi qu'il en coûte, pour diffuser ensuite) qui se répand comme un virus, [REC] ne laisse pas indifférent, du moins le premier.
Il existe - il fallait s'y attendre - un remake américain de [REC], renommé [Quarantine] (comme quoi, les américains ont encore une fois bien saisi le sens du titre original), mais celui-ci est réellement inintéressant. Copié-collé intégral de l'original, [Quarantine] n'y apporte que des gros budgets et des acteurs différents, mais le film ne possède plus l'âme qui le rendait si intéressant en version originale. A éviter.
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Commentaires
Un film de "zombie" qui change par rapport à tous les "of the dead" qui pullulent depuis quelques années avec plus ou moins d’intérêt.
Par contre mon Tiks pour ma part je ne trouve pas le 2 dispensable par rapport au premier, loin de là.
Je trouve même qu'il donne définitivement une dimension originale a ce film de "mort vivant".
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