Un grand moment du cinéma fantastique offert par Carpenter !
John Trent est enquêteur pour les assurances. Pragmatique et logique, il parvient toujours à dénicher les escroqueries, ce qui fait de lui le meilleur. Recruté par la maison d'édition "Arcane", John se voit confier une étrange mission : retrouver Sutter Cane, écrivain mondialement connu, dont les romans d'horreur sont un succès immédiat dés leur sortie. D'abord amusé, puis de plus en plus terrifié, John se rend compte que les histoires de l'écrivain ne relèvent peut-être pas de la fiction...
Un chef d'oeuvre oublié de Carpenter. Troisième volet de sa "Trilogie de l'Apocalyspe" (après "The Thing" et "Le Prince des Ténèbres"), "In the Mouth of Madness" a ce côté troublant de la folie, celui qui titille toujours notre imagination. Carpenter n'a en effet qu'à jouer avec la réalité, nous faisant tojours douter de ce que nous voyons. Etait-ce la réalité ? Ou les prémices de la folie ?
Reprenant brillament les thèmes à Lovecraft, "In the Mouth of Madness" en reprend également la construction de récit, à savoir un narrateur versant dans la folie, et racontant les étranges événements qui l'y ont amenés. Bien entendu, sont présents en fliligranes les créatures innommables endormies sur Terre depuis des temps antédiluviens, attendant leur réveil et influencant les esprits humains...
Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn, comme dirait l'autre...
Mais c'est aussi un John Trent cynique ne croyant en rien de ce qui est écrit dans les romans de Cane qu'il est intéressant de s'identifier. Totalement blasé par cette littérature de gare, Trent ressemble au spectateur, à une époque où les films d'horreur ont déjà beaucoup montré et perdu en crédibilité. Qu'à cela ne tienne, Carpenter ne montrera rien, ou presque ! En effet, comment prétendre à une peu indicible si elle est filmée ? Mais comment faire peur en ne montrant rien, ou en le dissimulant dans le noir ?
On assiste alors à de nombreuses scènes où nous peinons à interprêter ce que nous voyons. Qui serait en mesure de décrire la créature que devient Mrs Pickman dans la cave ? Qu'est ce qui dépasse de la veranda devant laquelle s'arrêtent les deux héros ? Nous le voyons, oui, mais comme en plein cauchemar, nous ne savons pas le décrire et nous essayons de lui échapper.
Voilà toute la force de ce film : nous plonger dans un cauchemar éveillé, disseminant ici et là des signes, des indices (la fameuse affiche que Trent fini par arracher) que tout semble "presque" normal pour le moment, mais que l'univers bascule inexorablement vers le chaos.
Une oeuvre cinématographique majeure du fantastique qui réconcilie avec un genre devenu très fade depuis.
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