Inception. Après une bande-annonce assez énigmatique et un pitch de base intriguant, j'ai fini tout de même par me rendre en salle obscure voir le dernier DiCaprio, mais surtout le dernier Nolan. Après avoir dépoussiéré et rendu son honneur à Bruce Wayne, Christopher Nolan s'attaque au monde du rêve.
Dom Cobb est un extracteur. Grâce à une mallette assez simple, lui et son équipe s'introduisent dans le subconscient des gens pendant leur sommeil, et manipulent leurs rêves afin d'y extraire des informations. Traqué par les autorités, malgré ses talents, il loue ses services aux multinationales pour de l'espionnage industriel. Quand Saito lui propose de lui rendre sa vie d'avant et lui permettre d'enfin rentrer chez lui voir ses enfants, Cobb accepte une dernière périlleuse mission : L'inception.
Raconté comme ça, c'est somme toute très banal. Nous voilà en face d'un film d'espionnage classique, un héros poursuivi et une dernière mission qui devrait tout arranger. Nolan nous offre un contexte pour le moins particulier : de l'espionnage industriel directement en manipulant le subconscient des victimes. Comme beaucoup d'autres films avec une bonne idée, ça aurait pu s'arrêter là, et développer le sujet. Mais Nolan va plus loin. Pourquoi se contenter d'extraire alors qu'il serait plus passionnant d'introduire.
On ne parle pas d'un vulgaire coffre dans lequel il faut placer un document, mais bien d'intégrer une idée dans la tête de quelqu'un en faisant en sorte qu'il soit convaincu que c'est la sienne, et donc qu'elle est réalisable. Interviennent alors tous les mécanismes de défense et subtilités de l'esprit humain, et les subterfuges à employer pour les contourner.

Car Nolan ne se contente pas de la facilité. Il existe plusieurs couches de subconscient, un "rêve dans le rêve", moyen qui permet de descendre encore plus profondément dans la psyché de la victime... ou de l'abuser. En effet, il n'est pas nécessaire de plonger dans le sommeil de quelqu'un, il est parfois plus utile de construire un rêve dans la tête de l'architecte et d'y amener le sujet comme si c'était son rêve à lui.

Nous assistons alors à une plongée abyssale dans les tréfonds de l'esprit humain, qui essaye de se défendre, inconsciemment au courant que quelque chose ne va pas, non pas pour voler quelque chose, mais bien pour y implanter une idée.

La bande-son du film est en parfaite adéquation avec l'image, même si on peut regretter le côté "action" de certaines scènes qui deviennent assez pénibles à l'oreille à force de mitraille. Le film déborde d'effets spéciaux, mais qui ne sont pas réellement tape-à-l'œil. On assiste bien à des événements grandioses, mais ceux-ci ne servent qu'à démontrer ce qu'il est possible de faire, mais ceci est bien vite calmé par les restrictions citées ci-dessus. On verra ainsi une longue séquence en apesanteur ou un monde en train de se détruire, mais rien de "gratuit".

Un film intelligent, qui ne lâche pas le suspens et accroche le spectateur à son siège jusqu'au bout. Néanmoins, je vous conseille de l'aborder comme un vrai film, et non pas une superproduction popcorn. Vous serez vite largué si vous détachez votre attention. Heureusement, il n'y a pas réellement de longueur, on suit la préparation de l'équipe, et son plongeon dans le rêve avec un réel intérêt, on s'amuse à compter les couches de rêves, à suivre les timing ultra précis des réveils, la manipulation de l'environnement du rêveur et les manifestations des troubles de Cobb avec un énorme intérêt. Un des rares films qui ne peut être que trop court, dont on ressort un peu hébété en remettant tout en ordre mais très satisfait. Le prix du cinéma augmente, mais n'ayez crainte, vos deniers seront très bien dépensés !
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