Ou l'histoire de la pire adaptation possible...
Il fallait oser sortir une adaptation comme celle-là ! Oser se griller complètement auprès de l'industrie du cinéma, démolir un mythe.
Dragon Ball Evolution est une Ode à la destruction d'une oeuvre.
Pour commencer, un petit rappel de l'histoire de Dragon Ball :
San Goku est à la base un extraterrestre de la planète Vegeta envoyé sur Terre à la naissance pour tuer tout ses habitants et ainsi permettre à son peuple de la vendre. Doté d'une queue de singe, celui-ci a la faculté de se transformer, en regardant la pleine lune, en singe géant (Oozaru) à la puissance dévastatrice. En raison d'un traumatisme crânien peu après son arrivée sur Terre, San Goku passe d'un tempérament belliqueux à un caractère très doux.
De terribles batailles en affrontements dantesques, San Goku finira par affronter et tuer le démon Piccolo Daïmao, revenu à la vie par le pitoyable Pilaf, ennemi réccurent et naïf du Héros.
On apprendra par la suite que Piccolo est en fait la personnification d'un extraterrestre Nameck, qui s'est séparé de son côté maléfique pour prétendre à la fonction de Divinité de la planète. Une fois devenu Dieu, il créa les Dragon Balls, se basant sur un lointain souvenir de sa planète.
Ayant créé un double juste avant sa mort, Piccolo reviendra tenter de conquérir la Terre, mais finira, par la force des choses, par s'allier avec San Goku.
Voici rapidement ce dont il est question dans la version cinématographique :
San Goku est un orphelin élevé et entraîné par son grand-père expert en arts martiaux San Gohan. Comme tous les adolescents, il va à l'université où il est la victime des figures populaires estudiantines. Secrètement attiré par la plus belle fille du lycée, Chi-Chi, il est malheureusement invisible à ses yeux. Ayant fait la promesse de ne jamais se battre en public, San Goku subit sans rechigner les brimades de ses camarades.
Mais voici qu'un mal ancien revient à la vie. Le démon Piccolo, un extraterrestre ayant déjà menacé la Terre avec son acolyte Oozaru, revient à la vie (on ne sait comment) pour prendre sa revanche. Pour se faire, il a besoin des Dragon Balls, 7 boules de magique créées dans les temps anciens par 7 sages pour repousser le démon.
Accompagné de Bulma (à la recherche des Dragon Balls), Yamcha (un voleur), Chi-Chi et Roshi (un maître en arts martiaux), San Goku part à la recherche du démon pour venger la mort de son grand-père et lever le voile sur son passé.
On comprend assez vite qu'il n'y a au final que très très peu de rapport entre la série originale et son adaptation. San Goku n'est plus ici un Saïyen, mais le bras droit du Namek Piccolo (peuple décrit comme maléfique, alors qu'ils sont très pacifiques dans la série originale), et il va à l'université, alors qu'il ne sait normalement même pas lire, sa vie étant vouée au combat.
Outre le fait que certains éléments bafouent entièrement l'oeuvre de Toriyama, la construction même du récit tient de l'incohérence. On se souvient du personnage de Yamcha comme d'une pièce rapportée, amenée n'importe comment et ne servant à rien du tout, de Bulma comme étant tout aussi insipide, et plus grave, de MutenRoshi grandguignolesque en la personne de Cho Yun Fat, qui devait avoir bien faim...
La recherche des décors tente de suivre pourtant le manga, mais baigne une fois dans l'ambiance asiatique, une autre fois dans le plus pur côté américain. Si on se réfère au film, San Goku semble habiter avec son grand-père dans une petite maison chinoise, mais part en vélo dans une université américaine, dans une grande ville. Roshi vit maintenant en ville, dans une maison délabrée entourée d'un ravin (en référence sans doute à son île dans le manga). La raison pour laquelle Piccolo recherche les Dragon Balls est inconnue, et le combat final (un San Goku ayant accepté son côté Oozaru - quelle surprise, un singe de 2 mètres... et un Piccolo bien faiblard) se conclu en 3 secondes, avec un affrontement entre un mini Kaméhaméha (bien dénaturé, il sert surtout à allumer des chandelles pour impressionner Chi-Chi) et une attaque de Piccolo.
Exit les combats dantesques. Ici, on sent les fils qui tiennent les acteurs et aucunement leur puissance. Avec le jeu d'acteur, les décors, l'action et l'histoire, on se croirait presque dans l'adaptation des "Power Rangers" au cinéma. Qu'on apprenne par la suite que les producteurs - qui avaient un budget de 100 millions pour faire le film - sont partis aux Caraïbes avec 90 mllions, je le croirais sans peine tant les effets spéciaux sont pitoyables.Les incrustations sur fond vert sont très visibles, la 3D fait réellement plastique, le maquillage de Piccolo (sans antenne) est risible... non, rien dans ce film ne mérite éloge, car on a réellement l'impression que tout a été envoyé vite fait pour correspondre aux attentes des jeunes américains de moins de 15 ans.
Étrangement, on s'y attendait... la sortie du film le 1er avril n'était donc pas un hasard...
Avec un peu d'honnêteté, on aurait pu appeler ce film "Dragon Ball - Demolition", tant il illustre bien le concept de licence achetée il y a bien longtemps, perdue au fond d'un tiroir, et qui profite de l'engouement actuel américain pour le manga pour sortir un film à l'a va vite, dénué de contenu et massacrant allégrement l'oeuvre original.
Pour peu, il est préférable de regarder la production amateur du studio Funglisoft, et son Final Quest, qui, jouant à fond la parodie, arrive à restranscrire, avec leurs moyens limités, l'ambiance de Dragon Ball.
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{morfeo 2}
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