En 2154, l'ancien Marine mutilé Jack Sully est appelé sur la planète Pandora afin de prendre la place de son frère jumeau décédé dans le programme "Avatar". Celui-ci place l'esprit et la conscience de l'utilisateur dans un corps vide, en l'occurrence celui d'un Nävi local, afin de gagner leur confiance et en apprendre d'avantage sur leur culture et leur planète très hostile. Riche en un minerai rare, Pandora est la cible de consortium commercial et militaire qui ne demandent qu'à délocaliser (ou pire...) les fiers Na'vi afin de mettre main basse sur la ressource...
Un synopsis de base très simple et aux nombreuses "références" prétexte à un déchaînement d'effets spéciaux, voilà comment nous pourrions définir "Avatar" de James Cameron.Pendant 2h40, nous sommes projeté sur Pandora, planète luxuriante à la flore magnifique et à la faune mortelle, dans la peau d'un Marine ayant perdu l'usage de ses jambes, mais retrouvant la liberté dans le corps d'un Avatar plus fort et plus rapide.
Ayant vu ce film dans un cinéma 3D, je n'ai pu qu'être émerveillé par les effets spéciaux, les décors, les Na'vi... ce film a réellement été conçu pour le cinéma 3D, et cela se voit. Le moindre relief est pris en compte, du visage derrière une vitre à l'éclat de bois qui vous fonce au visage, en passant par les écrans d'ordinateurs holographiques. Avatar est jusqu'ici le plus "beau" film visuellement parlant jamais réalisé. Pandora est une planète magnifique, surtout le fameux passage des montagnes flottantes, et les Na'vi sont merveilleusement détaillés et animés avec réalisme. Nous savons que nous sommes en présence de personnages numériques mais l'illusion est parfaite tant l'intégration est réussie. 2h40 de grand spectacle, d'images magnifiques et d'action trépidante, c'est ce que j'appelle une soirée cinéma réussie et divertissante.

Cameron livre en plus un monde réaliste, bien pensé et complet. On devine son histoire, ses croyances et sa mythologie à travers le peuple Na'vi, et on attend avec impatience que tout ce qui a été survolé dans ce premier épisode (de ce qui devrait être une trilogie) soit développé dans d'autres films.
Si en terme de divertissement et de grand spectacle, "Avatar" est une véritable réussite, force est de constater que James Cameron n'a pris aucun risque pour sortir des sentiers battus en terme de scénario, tant celui-ci n'avait aucun risque d'ennuyer ou de ne pas plaire fondamentalement. Une absence de parti pris assez décevante car toutes les thématiques, les tenants et aboutissants du film sont très prévisibles car repris d'ailleurs. Références volontaires ou repompe facile en vue de plaire à tout le monde ? Aucune idée.
Pour exemple, si je parle de Sigourney Weaver, Michelle Rodrigez en Marine et de gros robots bipèdes servant tant à la maintenance qu'au combat, je crois que tout le monde pensera à "Alien 2" (de Cameron aussi d'ailleurs...).

Ripley (Sigourney Weaver) aux commandes d'un robots dans "Alien 2"
De l'autre côté, si on reprend Sigourney Weaver tentant de s'intégrer à une ethnie en se faisant passer pour l'un des leur et gagner leur confiance, j'ai "Gorille dans la brume" qui revient immédiatement.
"Pocahontas" est directement évoqué, là où Jacky Sully remplace John Smith, et la princesse Neytiri est la nouvelle Pocahontas, promise au meilleur guerrier de la tribu, jaloux du nouvel arrivant. Jack Sully devra bien entendu apprendre à vivre et comprendre les Na'vi, avant de tomber amoureux de Neytiri, et de se retourner contre les militaires humains- le mal personnifié par le Colonel Miles Quaritch, sorte de militaire brutal de base, caricature de Duke Nukem et assez creux, comme la totalité de ses Marines - et combattre aux côté de son nouveau peuple.
Le scénario et son déroulement sont malheureusement assez pauvre, si bien que nous n'avons pas l'impression de nous retrouver devant un film de science-fiction, mais une production Disney, tant il est gentillet. Nous pouvons - en poussant un peu - comparer aussi ce film aux productions de Miyazaki aux tendances écologiques, le combat nature - technologie, les humains contre les forces de la terre, la pensée avide contre celle du don et de l'harmonie.
Mais il ne faut pas être mesquin, "Avatar" n'est pas le film qui va révolutionner l'univers, mais a l'avantage de poser un monde crédible et de renouveler les effets spéciaux. On ne s'ennuie pas durant les 2h40 et c'est le principal.
La question se pose quand même : pour tout qui n'est pas équipé d'un téléviseur HD et d'un lecteur BlueRay, Avatar vaut-il le coup d'être acheté en DVD ? Sans la 3D, le film perd déjà un atout, mais reste magnifique. Le voir sur un petit écran risque de le rendre très ennuyeux car le scénario est somme toute assez creux. Si ce film fait office de prologue au monde de Pandora, tant mieux, car celui-ci semble riche, reste à voir si la suite déjà annoncé se cantonnera au pur produit commercial ou tentera réellement de proposer autre chose de plus complet dans l'univers des Na'vi.

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