Valérie Lemercier incarne Agathe Cléry, une femme d'affaire, carriériste redoutable dans une grande entreprise de cosmétique parisienne. Mariée à un homme castré et lâche, fille de normands sympathiques, Agathe se voit enfin récompensée de ses efforts en devenant la directrice de marketing de la nouvelle et luxueuse gamme de produit de beauté pour peau blanche "Scandinav".
Peu aimée de ses collègues, Agathe se révèle en plus rasciste. Enfin... encore heureux qu'on le mentionne, parce qu'avant un certain moment, c'est un tout léger rascisme qu'elle affiche, alors que justement, le réalisateur aurait dû pousser le bouchon à fond et nous la dépeindre comme la pire rasciste de France. Une véritable raciste ferat-elle ses courses "chez l'arabe" comme elle dit ? Je ne crois pas... pourtant Agathe oui.
Se sentant un peu malade, malgré une mine magnifique, Agathe se rend chez divers médecins qui ne trouvent rien. Sauf un. Agathe souffre de la maladie rare d'Addisson, qui a de nos jours pour seul effet de donner un tein bronzé à la peau. Formidablement atteinte, Agathe voit sa peau brunir de plus en plus jusqu'à devenir l'égale d'un ressortissant sénégalait, à sa grande panique.
Profitant de son manque de confiance en elle, ses patrons sautent sur l'occasion et décident de la licencier. Le propriétaire de son appartement songe d'ailleurs aussi à la mettre dehors, ayant peur qu'elle devienne une "sauvage", et son mari la quitte.
Faire une comédie sur une carriériste raciste devenant peu à peu noire de peau à cause d'une maladie rare, ça aurait pu être drôle.
Alors pourquoi ça ne l'est pas ? Défini comme une comédie, ce film ne fait jamais rire. Tout au plus, j'ai souris aux deux-trois premières répliques de Kavanagh lors de son entrée tardive en scène, mais rien de plus. Pourtant, le sujet pouvait se prêter aux situations coquasses. Mais rien n'est exploité, à part de gros clichés inintéressants et une morale à deux francs.
A la recherche d'un emploi, Agathe se voit confrontée à de la discrimination raciale, procédé qu'elle employait elle-même auparavant. Ce n'est que dans une petite boîte d'informatique qui applique le procédé inverse ("Pas de blanc chez nous") qu'elle trouvera un emploi mais aussi l'amour en la personne de son patron, Quentin, interprêté par Anthony Kavanagh. Lui mentant sur ses origines, Agathe commence enfin à goûter au bonheur, jusqu'à ce que la vérité la rattrape. Son amour résistera-t-il au rascisme ?
D'un point de départ intéressant, le film sombre très vite dans ce que nous redoutions. Agathe est confrontée à sa pire peur et, en y faisant face, devient quelqu'un de meilleur. Toujours la même histoire, qui plus est sans rien de drôle ou de grincant. Aucune situation à quiproquo, aucun revirement, rien. Le film suit les rails des clichés jusqu'à son terme.
"Nihil noui sub sole"
C'est avec ennui qu'on suit les "aventures" bien banales de Valérie Lemercier, qui malgré son excellent prestation (notament dans la discothèque et son imitation de Michael Jackson), ne parvient jamais à nous faire rire. La seule chose qui empêche de piquer du nez sont les passages de comédie musicale. Le film regorge de petites chansons et de scènes dansées - on se demande encore ce qu'elles font dans l'histoire - bien faites et rigolotes, mais dont les textes sont tristement insipides.
Je n'ai pas aimé Agathe Cléry, vous vous en douter. J'ai toujours ce même a-priori envers les films français, et ce film me donne une fois de plus raison. A vouloir faire du cinéma à message, autant ne pas se planter de bout en bout et réutiliser des clichés qui datent déjà de vingt ans...
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