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Jeux

Enfin ! La Team Persona s'est décidée à nous sortir un titre sur console (plus si) nouvelle génération ! Après les portages des différents Persona et l'arrivée prochaine des Digital Devil Saga sur le Playstation Store, on retrouve avec plaisir l'univers glauque et résolument plus adulte d'Atlus.

Car une fois encore, pas vraiment question de jeu "tout public" ici. Pourtant loin de l'érotisme impudiquement affiché lors de ses différents trailers, la belle Catherine ne livrera son contenu qu'à une certaine tranche d'âge, et pour cause : le thème abordé ici est le passage de la trentaine et l'engagement conjugal.

Vincent est donc le fameux trentenaire, avec un boulot banal, dans une vie banale et promis à un avenir des plus banal. Mais cela lui plait. Pas d'imprévu, une vie calme et tranquille, entouré de ses amis, aux soirées arrosées du Stray Sheep Bar. 

C'était sans compter sa petite amie Katherine, femme forte et au caractère trempé, pressant Vincent de faire un pas de plus vers un engagement moins insouciant, parlant mariage, travail plus rémunérateur et même enfant...

C'est lors d'une soirée au Stray Sheep, en tête à tête avec son cocktail et déjà bien éméché, que Vincent rencontre Catherine. Elle est tout ce qu'il désire : belle, faussement innocente, entreprenante... très entreprenante. Ce n'est qu'en la retrouvant au petit matin dans son lit, entièrement nue que le cauchemar va commencer pour Vincent. Partagé entre son désir pour la belle Catherine et son engagement pour la magnifique Katherine, il se met à rêver chaque nuit qu'il gravit une tour, avec des hommes-moutons, poursuivit par une monstruosité sans nom.

Alors que dans le monde réel, une vague de décès de jeunes trentenaires défraye la chronique, les nuits de Vincent deviennent de plus en plus mortelles tandis qu'il a bien du mal à jongler avec ses deux conquêtes...

En pratique, le jeu se divise en deux parties : la phase éveillée, dans laquelle Vincent discute avec ses amis, Catherine, Katherine ou les différents clients du bar. Il peut consulter son GSM et répondre à ses messages de différentes façons, se saouler et jouer à un jeu d'arcade nommé "Rapunzel" (Raiponce). Les dialogues occupent une grande place dans cette phases, et les réponses de Vincent influent sur une jauge, que je qualifierait de "sérieux". Plus vos réponses vont dans le sens de la gentillesse, la solidarité ou l'engagement, plus la jauge vire au bleu. A l'inverse, plus vous êtes puéril, égoïste ou menteur, plus elle vire au rouge. 

Il n'y a d'ailleurs pas de mauvais choix, pas de jugement de valeur, la vie de Vincent étant assez compliquée que pour justifier par moment des réponses "rouges" ou "bleues". Cette jauge n'affectant d'ailleurs que la relation qu'a Vincent avec d'autres personnages du Bar, ses réactions face aux événements qui le brusquent ou la fin du jeu. Le scénario, lui, reste identique.

La seconde phase est bien plus active, car elle concerne les cauchemars du héros. Affublé de cornes, en caleçon et son oreiller à la main, il se voit contraint de gravir une succession de blocs, d'atteindre des paliers et des portes afin de parvenir au sommet de la Cathédrale et découvrir la "vraie liberté"... et accessoirement sauver sa vie. A chaque palier atteint, il peut discuter avec les autres moutons, acheter des objets, sauvegarder, échanger des techniques d'escalade mais surtout passer au confessionnal.

La personne - qui semble beaucoup s'amuser de la situation - vous soumettra a un choix portant sur votre vie privée avant de vous emporter jusqu'à l'épreuve suivante. Point de bon ou de mauvais choix ici encore, bien que  cela influe sur la fameuse jauge de "sérieux". Le titre va  même jusqu'à afficher les réponses des autres joueurs pendant le temps de chargement...

Il n'y a pas de phase d'éveil entre les paliers. Il vous faudra impérativement atteindre la Porte pour pouvoir vous réveiller... durant votre ascension, vous serez d'ailleurs poursuivi par une "crainte " de Vincent, matérialisée par une créature ignoble, reflet des événements de la journée. Sexe féminin énorme affublé d'yeux et 'une énorme langue, bébé difforme... rien se sera épargné à notre héros durant les 8 nuits qui le séparent de la "liberté.

Le jeu se présente donc comme un Puzzle Game, avec ses phases jour/nuit désormais bien connue d'Atlus (Persona...), dans lequel Vincent monte donc le long d'une énorme tour, qui s'éfritte au fur et à mesure, et bien entendu ornée de pièges en tout genre : blocs piégés, glissants, impossibles à déplacer... le tout alors que d'autres moutons vous bloqueront le passage ou tenteront de vous éliminer, en quête du même Graal que Vincent : la survie...

Pousser, tirer des blocs, les contourner, grimper... vos réflexes et réflexions sont ici rudement malmenés tant la pression est constante. Les japonais, friands de difficultés, ont même réclamé un patch pour rendre le jeu moins difficile ! Car les morts sont très nombreuses. Un piège mal évité, un dérapage, un ennemis... et la mort vous guette sans pitié !

L'ambiance sonore reprend des thèmes classiques revisités qui, de la bouche du compositeur Shoji Meguro, feront hurler les puristes. Ces morceaux remixés collent pourtant parfaitement à chaque niveaux, passant de L'Arelésienne à la Marche Funèbre, et les doublages (anglais) sont de très bonne qualité pour une fois.

Graphiquement, la 3D cell-shadée est d'excellente facture, tout comme les cinématiques animées et celles utilisant le moteur du jeu, alignant les expressions faciales dignes d'un dessin animé.

Le jeu est palpitant, on se demande réellement ce que cache le scénario de Catherine, et si l'explication finale est légèrement décevante en regard du déroulement de l'histoire (comme toujours, quand l'histoire est excellente, le final est toujours un peu en-dessous de nos attentes), les 8 différentes fins sont suffisamment originales pour sous surprendre.

Un Collector (Stray Sheep Edition) a vu le jour également en Europe, légèrement différent et en-deçà de la version américaine (Love is Over), comprenant le T-Shirt de Vincent ("Rave"), deux sous-verres en carton et un beau poster de Catherine, emballés dans une boîte à Pizza du Stray Sheep Bar. Une jaquette réversible vous permettra aussi d'opter pour Catherine ou Katherine en couverture.

En sus, ceux l'ayant précommandées recoivent le CD de la BO accompagné d'un Artbook assez bien fourni, contenant des notes des développeurs et du compositeur Shoji Meguro, le tout pour une somme des plus raisonnable.

Un jeu qui ne plaira certainement pas à tout le monde, mais dont l'univers et l'ambiance, résolument plus adulte, ont été très soignés. Le déroulement de l'histoire donne un thriller paranormal légèrement érotique, surplombé d'un puzzle-game intransigeant mais diablement prenant !

Faites-vous plaisir :)

 
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Cherche la petite bête !

Illustrations de Noémie Leman - textes de Joëlle Jonas.

Date de parution : mars 2010
ISBN : 978-2-915800-41-8
14 illustrations - 44 pages
165 par 230 cm

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